Les prémices
En 1884, M. Hum-Sentoure, directeur de
l'école Jules-Ferry, fonde un club sportif, « Les Vélites ». Cette association
est à la base scolaire et à vocation militaire. A la même période se développe
un groupe concurrent, « L' Operne ». Son président est le directeur de l'école
Paul-Bert, un certain M. Lacoureye. En 1887 se déroule avec des Anglais, et de
manière informelle, un premier match de rugby près du phare. En 1898, M.
Hum-Sentoure fonde une nouvelle société, « l'amicale des anciens de Jules-Ferry
». Cette dernière se livre à des disciplines comme la gymnastique, la lutte, la
boxe, l'escrime, les poids et haltères, la natation, a pelote. En 1902,
l'amicale devient le « Biarritz Stade ». Or une nouvelle section, fort active,
est créée: celle du rugby. En 1903, le « Biarritz Stade » fait l'acquisition
d'Aguiléra, alors propriété d'un club privé de tir au pigeon. En 1909, un
nouveau club voit le jour : il s'agit du « Biarritz-Sporting Club ». Le ballon
ovale est définitivement installé à Aguiléra. Un premier match international,
face aux Gallois de Cardiff-Roseburg, se déroule en 1909.
Fusion de deux clubs
En 1913, le sénateur-maire de Biarritz,
M. Forsans, décide de régler le différent qui oppose les deux clubs qui se
partagent la possession du domaine voué au rugby. La fusion du Biarritz Stade
et du Biarritz Sporting Club intervient le 26 avril. Le nouveau club prend le
nom de « Biarritz Olympique » et se donne comme président M. P. Campagne. En
1917 et 1922, l'équipe est championne de la côte basque. L'influence biarrote
marque d'ailleurs la vie d'autres clubs du Sud-Ouest. Ainsi Fernand Forgues,
brillant animateur de l'Aviron Bayonnais, débuta au Biarritz Olympique. De
même, c'est le Biarritz Olympique qui est à l'origine de la création du rugby à
Saint-Jean-de-Luz. Citons encore Jean Doubee, capitaine biarrot donna le
véritable départ au Sporting Union Agenais.
Premier titre en 1935
L'influence du Biarritz Olympique ne se
réduit pas à la création du Comité régional de Côte Basque. Sur le terrain, les
Biarrots font trembler les défenses adverses. Un nom se détache : il s'agit
d'Henri Haget, dit « Rico ». L'ouvreur fait parler la poudre sur les terrains
de l'Hexagone. Arrivé en finale en 1934 face à l'Aviron Bayonnais, Biarritz
décroche, à chaque fois devant Perpignan, deux titres de champion de France
(1935, 1939) et une coupe de France, toujours face au même adversaire (1937).
L'USAP l'emportera en revanche en 1938. En 1936, le comte et la comtesse de
Bendern fondèrent la première école de rugby en France, l'école des Minimes. La
ville de Biarritz a son impératrice, son club de rugby aura sa comtesse.
La consolidation
La guerre marque un tournant. Les bases
du club sont jetées et le palmarès déjà fourni. Reste que la montée en
puissance se poursuit par paliers. Ce qui n'empêche pas les rouge et blanc de
tenir tête au champion sortant, la Section Paloise, en demi-finale de la coupe
de France (1946). L'année suivante, les biarrots atteignent le même stade de la
compétition, se voyant cette fois barrer la route par l'AS Béziers.
Les années 50 voient l'éclosion d'un grand acteur du rugby biarrot, le
troisième ligne Michel Celaya. L'équipe ne remporte aucun titre majeur, mais se
stabilise au haut niveau. Les jeunes se distinguent au plan national et
l'équipe réserve est sacrée deux fois championne de France (1954, 1959). Après
avoir fait les beaux jours d'Aguilera, l'international Michel Celaya devient
entraîneur-joueur en 1958. Le club mise plus jamais sur la jeunesse. Les années
60 sont marquées par les débuts de Lucien Pariès, la disparition d'Henri Haget
(1967) et, entre autres, 'éclosion de Michel Béraud, le fils d'André. Le rugby
biarrot entre dans l'ère de la jeunesse triomphante.
Les années Blanco
Après Henri Haget et Michel Celaya, une
autre grande figure se profile avec l'éclosion de Serge Blanco. Né en 1958, le
« meilleur arrière du monde » se distingue au plus haut niveau dès 1975. Il
fera les beaux jours de son club et de l'équipe de France. Son ascension est
concomitante des meilleures années de Jean-Martin Etchenique et de l'arrivée du
Néo-Zélandais Brian Hegarty. Avec la génération dorée des années 1980 (forte
des internationaux Serge Blanco, Francis Haget, Jean Condom, Pierre Hontas et
Pascal Ondarts…), le club franchit un nouveau cap dans la notoriété. Mais il
échoue aux marches de la gloire avec une finale du challenge Yves-du-Manoir
(1989) et une finale du championnat de France en 1992 face à Toulon pour le
dernier match officiel de Serge Blanco. 1992 est aussi la première année du
partenariat entre le Biarritz Olympique et la société de conseil et de services
informatiques, Capgemini, présidée par Serge Kampf. Cette histoire de fidélite
et d'amitié s'inscrit au présent et au futur puisque Capgemini s'est engagé à
soutenir le club jusqu'en 2008.
Les titres
A 10 ans
d'intervalle, deux drops et deux Serge marquent l'histoire du club. En 1992,
celui du jeune ailier Franck Corrihons permet à l'équipe de Blanco d'accéder en
demi-finale du championnat. En 2002, celui de Laurent Mazas donne le titre aux
coéquipiers de l'autre Serge, Betsen celui-là, et du capitaine Jean-Michel
Gonzales. Depuis l'avènement du professionnalisme (1998), le palmarès du club
s'est étoffé et son ancrage dans le Pays Basque renforcé (nouvelle appellation,
charte avec les clubs). En 2000, le BOPB remporte la coupe de France (challenge
Yves-du-Manoir). En 2002 intervient donc l'année du troisième titre avec la
victoire au finish devant le SU Agen (25 à 22). Le duo d'entraîneurs Laurent
Rodriguez et Patrice Lagisquet se vit de la sorte récompensé. Le club parvient
d'autre part en finale de la coupe de la Ligue en 2002. Il se place en coupe
d'Europe avec deux quarts de finale (2001, 2003) et deux demi-finales (2004,
2005). Avec l'arrivée de deux internationaux français (Traille, Harinordoquy)
et les nouvelles sélections de la saison (Couzinet, Peyrelongue, Bidabé), le
BOPB, pour la première fois de son histoire, a débuté la saison 2004-2005 avec
14 internationaux français, dont 10 furent titulaires dans l'année écoulée.
L'année 2005 est celle du quatrième sacre national avec une équipe en devenir et
peu de changement à l'intersaison. En 2006, le duo Lagisquet-Delmas va encore
plus loin avec une finale de coupe d'Europe face au Munster (19-23) et un
Brennus conservé après un succès sans partage face au Stade Toulousain (40-13)
en guise de passage de témoin. Biarritz est au zénith. La saison suivante, la
veille de la Coupe du Monde France 2007, laisse des regrets : le BOPB s'arrête
en quart de finale de la coupe d'Europe et la réussite le fuit en demi-finale
du Top 14 face à Paris.